Le Victoria Palace Hôtel a cinq étoiles!

Enfin, nous y sommes ! À partir du 1er octobre 2012, le Victoria Palace Hôtel est le tout dernier hôtel cinq-étoiles de la Rive gauche. C’est un peu comme un de ces anniversaires marquants : on se retrouve à la fois dans l’expectative et dans la crainte. Puis le lendemain on se réveille exactement la même personne que l’on était la veille. À ceci près que dans le cas présent il n’y a ni tout le rangement, ni toute la vaisselle à laver comme au lendemain d’une fête d’anniversaire.

Les Changements dans le Système du Classement Hôtelier

Pour ceux qui ne se seraient pas tenus à jour sur les arcanes du labyrinthe qu’est le classement hôtelier en France, voici ce qu’il faut savoir : en 2009 le ministère du tourisme a estimé que le système de classement alors en vigueur ne répondait plus aux besoins et attentes des clients d’hôtels et avait besoin d’un sérieux dépoussiérage. Une des décisions les plus importantes fut de créer une nouvelle catégorie cinq-étoiles. Jusque là la plus haute distinction en France était le quatre-étoiles, auxquelles pouvait s’accoler un « L » pour « Luxe » si l’hôtel remplissait certaines conditions supplémentaires, par exemple en ayant un restaurant, etc. Dans le fond, c’était l’équivalent d’un classement cinq-étoiles, mais il reposait sur des critères trop rigides et un peu dépassés qui ne rendaient plus compte de l’offre protéiforme du luxe dans le marché hôtelier français.

Dans le même temps le ministère du tourisme prit la décision de sous-traiter le processus du classement hôtelier : tout le tra-la-la de la chose a été refilé à Atout France (autrefois connu sous le nom Maison de la France) l’organisme chargé de promouvoir la France comme destination de tourisme. Au lieu que les inspecteurs fussent des fonctionnaires du ministère, Atout France agréerait un certain nombre d’agences autonomes qui à leur tour se chargeraient effectivement des inspections aux frais des hôtels inspectés. Dans le cas des quatre- et cinq-étoiles, les inspections seraient conduites par un « client mystère » suivies d'une visite officielle d’inspection au grand jour. Dans le cas d’un hôtel qui jugerait que le système de classement ne saurait en aucun cas faire justice à ses qualités et agréments, il existe l’option de ne pas être classé. Il se peut que nous voyions un certain nombre d’établissements de charme opter pour cette approche. Cependant, dans ce cas, depuis le 23 juillet 2012 interdiction leur est faite de faire quelque référence publique que ce soit à leur classement antérieur.

Hôtels cinq-étoiles sur la Rive gauche

Le principal effet du nouveau système de classement est d’offrir une reconnaissance officielle aux nombreux changements et efforts accomplis par les hôteliers parisiens au cours de ces dernières années. Alors que sous l’ancien classement il y avait pléthore d’hôtels trois-étoiles sur la Rive gauche et quelques quatre-étoiles, il n’y avait aucun établissement quatre-étoiles « Luxe ». Au fur et à mesure des améliorations réalisées dans les services et l’hébergement, de nombreux trois-étoiles migrèrent vers une sorte de catégorie quatre-étoiles un peu fourre-tout. Avec le nouveau classement beaucoup d’hôteliers ayant investi dans leur outil de travail et leurs services ont pu grimper d’une catégorie : quelques trois-étoiles notoirement excellents sont devenus des quatre-étoiles et quelques uns des quatre-étoiles sont passés dans la nouvelle catégorie des cinq-étoiles. À ce jour (4 octobre 2012) il y a cinq hôtels cinq-étoiles sur la Rive gauche, à savoir et par ordre d’ancienneté dans le classement : l’hôtel Montalembert, l’Esprit Saint-Germain, l’hôtel du Pont-Royal, l’hôtel Bel-Ami et, le dernier en date, le Victoria Palace Hôtel.

Et pour le cas ou vous vous poseriez la question… Non, cela ne veut pas dire que nous allons faire exploser nos prix du jour au lendemain. Cela ne veut pas dire non plus que nous allons devenir arrogants, prétentieux et imbus de nous-mêmes. Enfin, pas TROP imbus de nous-mêmes… Cela fait presque un siècle que nous sommes dans la partie (100 ans l’année prochaine !) et nous souhaitons continuer notre bonhomme de chemin comme nous l’avons toujours fait. Sauf que dans un premier temps je vais devoir coller beaucoup, beaucoup de petites étoiles de papier doré gommé sur mes dépliants et plaquettes… (Mais qu’est-ce qui m’a pris d’en faire imprimer 10.000 exemplaires il y quelques mois ???) Tout bien considéré, je suppose que c’est un peu comme faire la vaisselle après la fête d’anniversaire. Mais avec la gueule de bois en moins !